Shakespeare et Montaigne: vers un nouvel humanisme Actes du Congrès de la Société Française Shakespeare 2003 Edité par Jean-Marie Maguin et Pierre KapitaniakLa dissémination culturelle des Essais de Montaigne dans l’Angleterre de Shakespeare. Ce travail propose quelques conclusions sur la transmission culturelle des Essais en Angleterre à l’époque des derniers Tudor et des premiers Stuart, en vue d’une révision de notre compréhension du personnage de Gonzalo en particulier, et plus généralement, de la dette shakespearienne à Montaigne dans La Tempête . La plupart des . . . [lire la suite]
L’univers des Essais et des pièces historiques anglaises résonne du cliquetis des armes. L’omniprésence de la force armée ne se réduit pas cependant à une réflexion sur la permanence historique de la guerre ou sur le caractère inhérent de ce fléau à la nature humaine. La figuration littéraire que ces deux auteurs nous proposent de la force armée au xvi e siècle signale une révolution militaire qui remet en question le . . . [lire la suite]
L’humanisme, selon Olivier Boulnois, marque un point d’inflexion entre la pensée médiévale et la pensée moderne des rapports entre Dieu, l’homme et le monde. Pic de La Mirandole, Érasme, pour ne citer qu’eux, tirent de ce qui est alors appelé la philosophie chrétienne, la notion de dignité humaine intrinsèque à l’homme. Par le libre arbitre, don de Dieu, l’homme peut dépasser sa nature animale et recouvrer son essence . . . [lire la suite]
Nous verrons comment la forme de l’essai connut en fait une popularité plus importante en Angleterre qu’en France au xvii e siècle. Citons par exemple Francis Bacon qui publie ses premiers Essais en 1597, seulement cinq ans après la mort de Montaigne. Cette première édition ne comporte certes que dix essais mais sera augmentée à 38 en 1612 et 58 en 1625. De même, William Cornwallis publie ses Essais en 1600 et 1617. Il faut . . . [lire la suite]
Un relativisme moral et culturel prévaudrait dans plusieurs pièces de Shakespeare à partir d’ Hamlet , peut-être sous l’influence du scepticisme de Montaigne. Pourtant ils privilégient l’un et l’autre des valeurs « humanistes » qu’ils semblent considérer comme universelles plutôt que « relativement stables » dans le cadre d’une « période ». En reprenant et en nuançant les critères de Todorov pour une . . . [lire la suite]
Montaigne, Florio et Shakespeare: la médiation du discours colonialiste. Cette étude analyse en détail les sections de la traduction de l’essai Des Cannibales par Florio qui ont pu avoir une influence sur La Tempête . De récentes critiques de Shakespeare ont débattu de la question du discours colonialiste de la pièce. D’autre part, des interprétations récentes de l’essai Des Cannibales mettent l’accent sur la richesse et . . . [lire la suite]
En général, les nombreux critiques qui se sont penchés sur l’influence de Montaigne sur Shakespeare ont basé des correspondances intellectuelles plus ou moins vastes sur des échos plus ou moins menus. Ils ont été peu concernés par la dynamique d’interprétation qui aurait pu être déclenchée chez les spectateurs contemporains qui entendaient ces échos. Cette communication cherche à récupérer une telle dynamique en appliquant . . . [lire la suite]
Montaigne, Lear et le problème de la vie éternelle. Tenant le corps de sa fille morte, le vieux Lear croit tout d’un coup s’apercevoir de ce qu’aucun de ce monde ne peut contempler ; « Regarde, ses lèvres, / Regarde là, regarde là », prie-t-il en vain les autres interprètes pendant que l’âme de Cordelia abandonne son corps inanimé pour le ciel. Mais en rapportant ceci à travers la parole d’un homme déséquilibré et . . . [lire la suite]
Dans La Tempête , on le sait, Shakespeare s’inspire directement d’un passage de Montaigne. Une tirade de Gonzalo, à l’acte ii , scène i, provient en droite ligne du chapitre « Des Cannibales », que Shakespeare a lu dans la traduction de John Florio de 1603. En revenant sur cet emprunt presque littéral, depuis longtemps établi et qui ne prête pas à discussion, mon propos sera double : je souhaiterais d’une part éclairer . . . [lire la suite]
Une forme de proximité entre Shakespeare et Montaigne a déjà été repérée, en particulier par l’autre géant, Hugo. On voudrait s’intéresser ici à la présence, chez l’un et chez l’autre, de Plutarque. Mais de quel Plutarque, au juste ? Chez Montaigne, Plutarque est surtout le modèle d’un psycho-historien, mais pas seulement cela… Chez Shakespeare, Plutarque est surtout un metteur en scène, un dramaturge virtuel, mais pas . . . [lire la suite]
Je propose une lecture de nos auteurs axée sur les portraits de femmes mariées dont la vie (ou plutôt la mort) imite l’héroïsme stoïque de leurs maris ; sur les femmes adultères moulées sur le patron des grandes séductrices, Vénus et autres ; et sur le mariage vu comme symbole de la concordance entre parties opposées qui sera le grand thème des dernières œuvres des deux écrivains. Pour que ces comparaisons ne semblent qu’un . . . [lire la suite]
Comme Montaigne, Shakespeare, ou du moins son héros Hamlet, reconnaît en lui-même avec inquiétude le tourment propre aux « mélancoliques » de la Renaissance. Tous deux pratiquent le seul antidote à ce mal, et à sa dérive redoutée, la folie : le gnôthi seauton , qui oriente chaque « essai » de Montaigne, et dont l’intense exigence de lucidité commande aussi les monologues d’Hamlet. Le sentiment de l’absolue . . . [lire la suite]
Un fantasme de justice L’essai « Des Cannibales » contient le passage bien connu que Shakespeare incorpora à La Tempête à partir de la traduction de Florio. Il s’agira ici d’examiner le lien entre ce passage chez chacun des deux écrivains et la notion de justice du prince posée à la fin de l’essai xxxi du livre i et qui clôt presque la pièce. Dans les deux cas, la question est posée dans un contexte géographique et . . . [lire la suite]
Du Théâtre de Montaigne à la Philosophie de Shakespeare: plusieurs facettes de la Skepsis Le point de départ de cette communication se place dans l’entrecroisement de deux considérations : celle de l’assimilation de dispositifs théâtraux dans les Essais de Montaigne ; et celle de l’édification par Shakespeare, tout au long de ses pièces et poésies, d’une philosophie personnelle, dans laquelle convergent lectures et . . . [lire la suite]
L’intervention portera principalement sur le prétendu éloge de la folie prononcé et immédiatement réfuté dans une addition à l’« Apologie de Raimond Sebond » ( Essais , ii , 12, PUF p. 568, Imprimerie Nationale p. 379-380, « N’y a-il point de la hardiesse à la philosophie… »), à confronter avec les différentes formes de « folie » représentées dans King Lear . Il s’agira de comprendre : 1) comment la folie . . . [lire la suite]
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