Shakespeare et l’Europe de la Renaissance Actes du Congrès de la Société Française Shakespeare 2004 Edité par Yves Peyré et Pierre KapitaniakSous l’influence du ballet de cour français, le masque caroléen subit de profondes transformations, qui montrent l’érosion de l’idéal jonsonien, supplanté par la recherche du spectaculaire. L’antimasque tel qu’il avait été introduit par Jonson est dépouillé de sa fonction dramatique, tandis que sont massivement introduites les très descriptives entrées à la française. La métamorphose du masque de cour caroléen se . . . [lire la suite]
La teneur de l’article va consister à explorer les origines de certains attributs stéréotypés que Shakespeare et ses contemporains prêtaient à leurs voisins européens. La liste de ses prétendants que Portia passe en revue dans The Merchant of Venice (1596) est prise comme point de départ pour ensuite orienter notre exploitation vers une étude plus spécifique de l’Italien et de l’Espagnol. À une époque où les habitants . . . [lire la suite]
Le but de cette communication est de s’intéresser à la présence de la langue italienne dans les pièces italiennes de Shakespeare et dans Volpone de Ben Jonson. Nous verrons ainsi que si la langue italienne est très présente dans les pièces de ces deux dramaturges grâce à des emprunts de mots et d’expressions dans les ouvrages de John Florio ( First Fruites , Second Fruites , A World of Words ), cette présence ne se limite pas . . . [lire la suite]
La Renaissance se distingue à la fois par la redécouverte des textes de l’Antiquité et par un nouvel intérêt pour la représentation de l’espace en trois dimensions. Les voûtes, les dômes et les murs des bâtiments construits à l’époque sont souvent couverts de représentations artistiques qui permettent à l’œil, pour ainsi dire, de voir au-delà du support naturel. En Angleterre, après un timide début, les nouvelles . . . [lire la suite]
Dans Troilus and Cressida , l’idéal humaniste du disegno est constamment mis à mal par des personnages incapables de mener à bien les projets qu’ils ont échafaudés. Exacerbé par le conflit qui sous-tend la pièce, cet échec du disegno entraîne la remise en cause des principes de l’harmonie, de la règle et de la mesure traditionnellement associés au système de Ptolémée. Shakespeare se livre à un incessant questionnement . . . [lire la suite]
Topographie et stéréotypes : Vienne et l’Autriche chez Shakespeare et les auteurs de la Renaissance anglaise Alors que les topographes rapprochaient Vienne et l’Autriche de l’Allemagne, Shakespeare fit une différence précise entre les deux pays. Sa Vienne, où se déroule Measure for Measure , mais aussi le « Meutre de Gonzago » dans Hamlet , est distinctement italienne, tandis que le duc d’Autriche – un opportuniste . . . [lire la suite]
Un examen approfondi de la construction rhétorique des tirades dans 2 Henry iv et Coriolanus révèle que Shakespeare façonnait ses tirades, et en particulier celles des protagonistes, en accord avec une rhétorique qui les renforce à l’aide de répétitions verbales judicieusement placées. Ce faisant, sa pratique coïncide avec les idéaux humanistes de composition et avec la rhétorique figurative que Marlowe utilise dans ses . . . [lire la suite]
Cet article précise l’idée de l’auteur, déjà présentée en ébauche dans Shakespeare, Marlowe and the Politics of France (2002), que la première tragédie française sur le sujet de Jeanne d’Arc, composée par le jésuite Fronton Du Duc à l’université de Pont-à-Mousson au printemps 1580, montée en septembre de cette année, a pu influer sur la représentation de « Joan de Pucelle » dans la première partie d’ Henry . . . [lire la suite]
Bien qu’il n’emploie jamais le terme de géographie (signalé dès 1542 en Angleterre), Shakespeare attache une importance particulière au cadre spatial de ses pièces où les toponymes constituent des signifiants complexes chargés d’échos poétiques et de résonances symboliques. Les lieux qu’il décrit sont souvent des lieux doubles dont une face est réelle, l’autre imaginaire. Dès lors, l’imaginaire géographique européen . . . [lire la suite]
L’Écologie corporelle et l’altérité européenne sur la scène shakespearienne Au début de la période moderne, la corporalité devint un élément important de ce qui était alors compris comme étant la « nature humaine ». Des médecins philosophes tels Levinus Lemnius dans The Touchstone of Complexions (traduction anglaise 1576) ou Thomas Wright dans The Passions of the Mind in General (1601, 1604) ont affirmé la nature . . . [lire la suite]
L’utilisation probable de l’ Anglica Historia de Polidoro Virgili dans Henry viii de Shakespeare Il est notoire que les sources des drames shakespeariens sont recueillies dans les volumes très célèbres – et à juste titre – édités par Geoffrey Bullough. Cependant – du moins en ce qui concerne Henry viii – l’une d’entre elles a, semble-t-il, échappé à Bullough, tout comme aux éditeurs des éditions modernes . . . [lire la suite]
À la Renaissance, l’humanisme nordique se trouvait au cœur d’une imagerie collective importante employée par le théâtre et l’art visuel. La gravure néerlandaise, véritable lexique des schémas majeurs de la pensée humaniste, semble à même de révéler les faces inattendues de certaines tournures verbales courantes à l’époque. L’univers pictural de Pieter Bruegel l’ancien, Cornélis Anthonisz, Maarten van Heemskerck, et . . . [lire la suite]
L’œuvre de Samuel Daniel, depuis sa traduction des devises de Paolo Giovio en 1585, jusqu’à sa pastorale dramatique Hymens Triumph en 1615, est entièrement tournée vers la littérature européenne de son temps, notamment italienne et française. Pourtant, sa poésie, son théâtre et son œuvre historique constituent une affirmation incessante de son désir de voir naître un véritable idiome poétique national, même s’il s’est . . . [lire la suite]
Les œuvres de Giraldi Cinthio et la tragédie élisabéthaine Cette communication examine les écrits théoriques de G. B. Giraldi Cinthio et sa pièce la plus célèbre, Orbecche (1541), à la lumière du « sénéquisme » italien. Le récit que Cinthio fait de la première représentation de sa tragédie montre qu’il était conscient de la nécessité de séduire le public en satisfaisant ses goûts. Il voyait également la . . . [lire la suite]
Plus que des échos éventuels de la pensée de Giordano Bruno dans les textes de Shakespeare et de ses contemporains, ce sont les parentés d’écriture entre le philosophe et tous ces praticiens de la « copia » ou du sonnet maniériste qui sont retenues ici. Tout se passe comme si les littératures d’Europe et l’écriture de Bruno ne formaient qu’un seul « texte » présentant une même « texture », obsédées qu’elles . . . [lire la suite]
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