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Shakespeare et l'excès Actes du Congrès de la SFS, 15, 16 et 17 mars 2007  Edité par Pierre Kapitaniak et Jean-Michel Déprats

Shakespeare et l'excès
La figure de l’excès, prise dans ses multiples sens d’écart, de mort, de dépassement, voire de ravissement, imprègne la Rome de Shakespeare. Les excès de César sont multiples: ayant franchi le Rubicon et s’étant rendu maître de Rome, il passe au rang des dieux ; après sa mort, il revient pour prédire la mort de Brutus, outrepassant une fois de plus les limites du naturel. À ceci, il faut ajouter les excès du dramaturge . . . [lire la suite]
On se penchera sur la notion récurrente de « enormity » dans Bartholomew Fair (1614) de Ben Jonson, et on verra qu’elle se décline selon trois modes : celui des forains interlopes, celui des pourfendeurs d’abus, celui des citadins soi-disant rangés. On s’intéressera, dans un premier temps, à la rôtisserie de Ursla, plaque tournante de Smithfield, que Neil Rhodes appelle « a breeding-ground of fleshy vice », où se . . . [lire la suite]
« Nay, but this dotage of our general’s / O’erflows the measure » : les premiers mots de la pièce, prononcés par Philo et adressés à Demetrius, décrivent l’engouement d’Antoine pour Cléopâtre en termes d’excès et de démesure. La norme paraît dépassée dès le début d’une pièce aux multiples superlatifs, hyperboles, images de crue et de débordements. Cette communication se propose d’examiner ce que devient la . . . [lire la suite]
Falstaff est excessif : par sa taille, par son comportement et par sa profusion rhétorique. Il est en quelque sorte une tumeur allégorique sur le corps politique, qui à d’autres endroits se forme à partir du discours des chroniques plutôt que de l’allégorie. Il donne de la couleur à la pièce et, sur le plan rhétorique, donne de la couleur à la vérité, utilisant souvent la figure préférée de Machiavel, la paradiastole. . . . [lire la suite]
A l’acte I scène i, Caius Martius accueille avec joie les nouvelles d’une guerre imminente : “Then we shall ha’ means to vent / Our musty superfluity.” De l’analyse socio-politique des débuts de la période moderne au présent en passant par Marx, la question de l’excès et du gaspillage au sein de l’État a constitué une préoccupation cruciale. Coriolanus représente en partie l’exploration de ce qui constitue la . . . [lire la suite]
Contrairement à Titus Andronicus , où l’excès s’alimente directement à la source d’une rhétorique hypertrophiée (celle des drames de Sénèque) et confine au grotesque et au grand guignol, Antoine et Cléopâtre prend soin de mesurer l’écart ou l’outrance en les mettant constamment en perspective grâce aux jeux d’oppositions entre la tempérance romaine et la surenchère égyptienne. La pièce met en abyme les deux . . . [lire la suite]
Par delà la lecture judéo-chrétienne où le Mal s’offre comme motif de l’excès, et plus loin que la filiation sénéquéenne de la cruauté, Macbeth semble reprendre le modèle païen grec du ménadisme ou encore du dionysisme, forme extrême de frénésie collective en l’honneur du dieu grec Dionysos. Pour l’Angleterre aux prises avec un mal politique prolifique dont le Complot des Poudres de novembre 1605, la paranoïa qui mine . . . [lire la suite]
L’art pictural du Nord s’attache aux images de l’excès et de la transgression qui sont une façon de renouer avec la catharsis antique. Le thème humaniste du miroir de la folie est le dénominateur commun de beaucoup de ces images qui se rattachent à la thématique du monde à l'envers et à l'art de l'allusion satirique et à la parodie burlesque. Dans As You Like It , Shakespeare semble nous inviter à imaginer une . . . [lire la suite]
À l’époque victorienne, les décors monumentaux et changeants suscitaient l’admiration du public et constituaient l’attrait majeur de la représentation d’une pièce de théâtre. Que l’on songe par exemple aux mises en scène de Herbert Beerbohm Tree qui nécessitaient des coupes drastiques dans le texte afin que des hordes de figurants, humains ou animaux, aient le temps de venir habiter l’espace scénique. Au début du xx e . . . [lire la suite]
Contribution à l’« art poétique » shakespearien – « lard poétique », ironiserait Falstaff, en caressant sa bedaine « rembourrée de paille » comme le pourpoint de l’acteur qui l’incarne, censé contenir les « tripes » du « cerf gras » – le personnage « hors norme » participe à ce titre du commentaire indirect de Shakespeare sur sa propre dramaturgie, mais non sans y ajouter la dimension politique d’un art . . . [lire la suite]
Nous analyserons les deux principaux excès de langue qui se manifestent abondamment dans Timon of Athens , la flatterie et l'imprécation. De « mauvaise oreille » ouverte à la flatterie, Timon devient « mauvaise langue » qui se laisse aller aux (dé)plaisirs de l'exécration et de la vitupération. Nous présenterons les grands traits qui se dégagent de la représentation de la flatterie à l'époque élisabéthaine en . . . [lire la suite]
« Gilles, dans une foire de province, s’exprimerait avec plus de décence et de noblesse que le prince Hamlet » écrit Voltaire en 1764. « Gilles Shakespeare, soit : j’admire Shakespeare et j’admire Gilles », rétorque Victor Hugo un siècle plus tard dans son William Shakespeare , après avoir élaboré, dans sa Préface de Cromwell , une nouvelle esthétique dramatique fondée sur le mélange du sublime et du grotesque. On . . . [lire la suite]

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