Shakespeare Poète Actes du Congrès de la Société Française Shakespeare 2006 Edité par Yves Peyré et Pierre Kapitaniak
Il existe de nombreuses hypothèses sur les Sonnets de Shakespeare. Par exemple, qu’ils forment une séquence cohérente, qu’ils sont autobiographiques, qu’ils furent écrits sur une période d’environ trois ans, que les dix-sept premiers furent une commande, que les 126 premiers sont « adressés » à un jeune homme, que les numéros 127 à 152 forment un groupe autour de la « dame noire », que la publication du quarto de 1609 . . . [lire la suite]
Dans The Defense of Poesy , Sidney établissait une forme d’aristocratie poétique en introduisant une distinction de classe entre ceux qui sont « nés poètes » et les autres. Néanmoins, il affirmait aussi qu’il n’avait que récemment acquis le « titre de poète ». De plus, sa défense et pratique d’une poésie et d’une poétique aristocratiques ne se manifestèrent de son vivant que dans le cercle intime de ses proches. . . . [lire la suite]
Le seul témoin à affirmer que Shakespeare était l’auteur de « A Lover’s Complaint » est Thomas Thorpe, qui le fait dans ses Sonnets de 1609. Cependant, il existe suffisamment de preuves sur ses façons retorses de se procurer des textes pour en faire un témoin plus que douteux. Une lecture attentive du poème révèle de nombreux éléments non-shakespeariens. The only witness to Shakespeare’s authorship of “A Lover’s . . . [lire la suite]
L’avancée de Shakespeare des poèmes narratifs aux Sonnets . L’intérêt narratif et dramatique, dominant dans les epyllia , est présent dans les Sonnets , quoique de façon différente. La sexualité, purement érotique dans Vénus et Adonis , liée à une éthique sociale dans le Viol de Lucrèce , devient psychologiquement plus complexe dans les sonnets à la Dame brune. Mais le désir est mis en sourdine dans les poèmes . . . [lire la suite]
La question fondamentale à poser : pourquoi Shakespeare, poète, choisit-il le théâtre ? Quelques débuts de réponse : le théâtre lui permet de renouveler entièrement l’acte poétique, en démultipliant le moi qui écrit et le je qui parle ; le théâtre accroît le possible de la poésie, en particulier par la présence des personnages les uns pour les autres, et par le silence ; chaque pièce devient un poème de Shakespeare, . . . [lire la suite]
Évoquer Shakespeare poète, c’est pour une partie du public le désigner comme le porte-parole des muses, virtuose et alchimiste du langage, visionnaire, prophète, chantre des beautés de la nature, de l’héroïsme et de l’amour, mais aussi peintre lucide et pathétique des misères et de la cruauté des hommes. Bien que ce type de dithyrambe paraisse démodé, on s’y livre parfois, d’où des effusions lyriques, voire mystiques, par . . . [lire la suite]
Pour Aristote, le poète dramatique écrit en vers, cela va de soi, mais ce n’est pas l’essentiel, il « doit être poète d’histoires plutôt que de mètres ». C’est au système des faits qu’on reconnaît le bon poète, non à la qualité de ses vers. Avantage, donc, semble-t-il à l’action sur les « assaisonnements » du langage. Divers éditeurs récents de Shakespeare notent que la poésie du texte entrave son élan . . . [lire la suite]
La poésie de Shakespeare en action : entre pensée et passion Puisant dans mon expérience de critique-traducteur, je m’attacherai à sonder certaines façons caractéristiques dont Shakespeare crée la poésie en action : à savoir, à la fois, la poésie qui se construit dans un contexte de mise en scène et par conséquent dotée d’une puissance performative, et la poésie qui est le fruit d’une dialectique entre passion et . . . [lire la suite]
Le sujet de ce congrès : « Shakespeare poète » nous fait obligation de reposer certaines questions fondamentales et maintes fois débattues : Qu’est-ce que la poésie ? Est-elle en soi différente du théâtre ? Shakespeare est-il plus poète dans ses Sonnets ou ses grands poèmes mythologiques que dans ses œuvres dramatiques ? La poésie est-elle intraduisible ? Qu’est-ce qui est intraduisible ? Le vers ? Les tropes ? . . . [lire la suite]
L' Adonis (1564) et Les Vers d’Eurymédon et de Callirée (1573) de Ronsard et, vingt ans plus tard, le Venus and Adonis (1593) de Shakespeare révèlent une variété des registres, à laquelle fait écho une variété des genres. La liberté des auteurs face à la fiction mythologique tirée des Métamorphoses est de mettre en conversation le mythe ovidien avec l’expression pétrarquiste de l’amour. La fable semble alors . . . [lire la suite]
La musique des Sonnets n’a pas, jusqu’ici, suscité beaucoup d’attention de la part de la critique. Ce manque d’intérêt peut être dû à l’absence de mises en musique à l’époque de Shakespeare, ou à l’abondance de littérature musicale mineure dans ce domaine, principalement aux xix e et xx e siècles. La musique des Sonnets est pourtant digne d’intérêt : elle offre un point de vue inédit sur la discussion . . . [lire la suite]
|

RSS